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Bienvenue sur le site de la TL1.
Je suis au jour d'aujourd'hui étudiant à la faculté de droit de Perpignan. J'ai eu le baccalauréat littéraire avec spécialité mathématique mention TB durant l'année scolaire 2008-2009, ce qui peut conférer à cet espace une légitimité intrinsèque.
Durant cette même année j'avais crée ce site dans le but d'aider mes camarades à préparer l'examen final, et ce, dans toutes les matières, à savoir la philosophie, la littérature, l'Histoire-Géographie, et les langues.
Ceci dit, ce site est pour tout le monde, et je vous incite à l'utiliser suivant vos convenances.
Je le mets à jour très régulièrement, nonobstant mon travail à la faculté. Et la matière la plus importante à mes yeux est celle de littérature, qui d'ailleurs m'amène à lire les deux nouvelles ½uvres annuelles, qui sont cette année Fin de partie et l'Odyssée. Je fais de mon mieux pour vous aider, où que vous soyez!
Vous pouvez poster des commentaires, qu'ils soient à visée critique, ou a contrario d'encouragement, etc.
N'hésitez pas à poser des questions, et plus elles sont pertinentes et mieux c'est.
Vous pouvez me contacter par mail : augustin_92@msn.com si vous souhaitez un renseignement personnalisé.
Pour finir, ne postez pas de commentaire sur cet article d'accueil : merci d'avance.

Je vous propose un sommaire pour naviguer plus rapidement sur le site:


Philosophie


Littérature
1/ Les Liaisons dangereuses de Laclos
2/ Les Pensées de Blaise Pascal
3/ Fin de partie de Samuel Beckett



Sur le site sont toujours disponibles les études de Roméo et Juliette de Shakespeare et du Guépard de Lampedusa.
Le travail à la faculté de droit de Perpignan étant conséquent, laissez moi le temps de développer petit à petit les questions sur Fin de partie et sur l'Odyssée. Ces vacances de la Toussaint m'ont permis de bien développer cette première ½uvre... Je me consacrerai prochainement à la seconde!

Histoire


Géographie


Anglais


Allemand

Espagnol


Méthodologie



Augustin

# Posté le dimanche 07 juin 2009 15:17

Modifié le lundi 02 novembre 2009 13:33

L'analyse du divertissement chez Pascal

Le thème du divertissement est l'un des plus célèbres de la problématique pascalienne. C'est à Pascal que se réfère le roman de Giono, Un roi sans divertissement. De facto, en quoi consiste le divertissement à travers la plume de Pascal dans ses pensées ?

I] Le crime du péché originel et ses conséquences

A/ L'amour de soi au lieu de l'amour de Dieu
Avant le péché originel, l'Homme vivait dans l'harmonie, sans contradictions, il pouvait aimer Dieu et s'aimer soi-même. Mais, corrompu par le péché originel, il est désormais dans une condition que Pascal résume ainsi : « Inconstance, ennui, inquiétude » (frag.22). Ennui, au XVIIème siècle, est un mot fort qui signifie « chagrin, tourment ». L' « inquiétude » est le fait de ne pas pouvoir demeurer en paix. Pascal explique très bien l'origine de cette condition au fragment 758 : « La nature de l'amour-propre et de ce moi humain est de n'aimer que soi et de ne considérer que soi. Mais que fera-t-il ? Il ne saurait empêcher que cet objet qu'il aime ne soit plein de défauts et de misères : il veut être grand, et il se voit petit ; il veut être heureux, et il se voit misérable ; il veut être parfait, et il se voit plein d'imperfections ; il veut être l'objet de l'amour et de l'estime des Hommes, et il voit que ses défauts ne méritent que leur aversion et leur mépris. Cet embarras où il se trouve produit en lui la plus injuste et la plus criminelle passion qu'il soit possible de s'imaginer ; car il conçoit une haine mortelle contre cette vérité qui le reprend, et qui le convainc de ses défauts [...] il met tout son soin à couvrir ses défauts et aux autres et à soi-même, et il ne peut souffrir qu'on les lui fasse voir, ni qu'on les voie. »

B/ Le refus de la vérité
L'Homme est ainsi devenu ennemi de la vérité. Il fuit tout ce qui peut lui rappeler sa condition misérable : « Les Hommes n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, ils se sont avisés de n'y point penser » (frag. 124). En présence d'une vérité qui lui serait insupportable et qui est définitive, le plus urgent pour lui est de détourner le regard. Le « divertissement », c'est donc, au sens originel du latin divertere, le fait de « détourner » (le regard, l'esprit...) de ce qui déplait.



II] Le mécanisme du divertissement

A/ Il recouvre l'ensemble de l'activité humaine
Pascal expose longuement le mécanisme du divertissement dans les fragments 126, 127, 129. Toutes les activités des Hommes : les passions (les femmes, le jeu), les affaires, la guerre, la chasse, la politique, la science, sont autant de divertissements qu'ils cultivent parce qu'ils leur permettent de se détourner du spectacle de la vérité. Les rois, qui sont les plus puissants des Hommes, sont ainsi considérés comme les plus heureux, précisément parce qu'ils ont les moyens de se procurer les plus beaux divertissements, qui leur permettent d'oublier qu'ils sont Hommes. Sinon, « s'il [un roi] est sans divertissement, et qu'on le laisse considérer et faire réflexion sur ce qu'il est, cette félicité languissante ne le soutiendra point » (frag. 126).
La chasse est particulièrement emblématique de la manière dont fonctionne le divertissement. Ce que les Hommes aiment dans la chasse, ce n'est pas le gibier qu'ils capturent, mais « le plaisir d'une occupation violente et impétueuse qui les détourne de penser à soi » (frag. 126).

B/ Il est une fuite hors de soi
De plus, tout en nous détournant de penser à nous, les divertissements nous projettent hors de nous, vers des biens dont la possession nous parait susceptible de nous réconcilier avec nous-mêmes. Mais à peine avons-nous assouvi l'un de nos désirs que la possession nous en parait misérable et que nous courrons vers un autre. Tous les pièges de la société de consommation sont ainsi déjà exposés par Pascal ; « Description de l'Homme. Dépendance, désir d'indépendance, besoins » (frag. 73). C'est de cette recherche permanente que vient l'inconstance, qui fait passer d'un plaisir à l'autre en croyant que le suivant sera supérieur : « le sentiment de la fausseté des plaisirs présents et l'ignorance de la vanité des plaisirs absents cause l'inconstance » (frag. 69).



III] Le remède au divertissement

A/ Sortir de la dépendance
Pascal, au début du chapitre intitulé « Divertissement » (VIII), pose la question de savoir pourquoi on ne s'accommoderait pas du divertissement : « N'est-ce pas être heureux que de pouvoir être réjoui par le divertissement ? » (frag. 123). Et il répond aussitôt que non, parce que le divertissement entraîne une dépendance qui amène inévitablement le malheur quand vient la privation du divertissement : « Tout le malheur des Hommes vient d'une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre » (frag. 126).

B/ Connaissance de soi et retraite
La connaissance de soi n'est possible que par l'intervention directe de la Grâce selon Pascal, et ne dépend dont nullement de notre volonté. Seule la Grâce, en détruisant l'amour de soi, peut permettre d'accéder à la lumière. La Grâce est la découverte de la disproportion entre Dieu et soi, et la volonté, indissociable de cette découverte de renoncer à soi pour aller à Dieu. Mais on ne peut lutter contre l'amour-propre sans quitter le monde, car les tentations sont trop fortes eu égard à la faiblesse de notre nature. D'où l'importance de la retraite dans la morale janséniste. La décision de se retirer du monde est indispensable au travail de la Grâce.
Pascal s'étonne qu'on puisse vivre au dehors de la vérité révélée : « Ce qui m'étonne le plus est de voir que tout le monde n'est pas étonné de sa faiblesse » (frag. 31). C'est cette évidence qu'il veut montrer à son lecteur, car tout demeure incompréhensible tant que l'on se refuse à admettre le mystère de la chute qui a fait de nous des êtres misérables. Il espère amener l'Homme à reconnaitre sa dépendance à l'égard de Dieu. En dehors de cela, tout est distraction coupable et ignorance de nos besoins réels.
Ainsi, en pointant du doigt les dysfonctionnements de l'Homme, Pascal espère amener l'Homme à tourner la tête, à revenir vers soi et vers dieu.

Ainsi, en pointant du doigt les dysfonctionnements de l'Homme, Pascal espère amener l'Homme à tourner la tête, à revenir vers soi et vers dieu.



Ci-dessous: représentation artistique de l'opéra d'Athys, composé par Jean-Baptiste Lully et crée le 10 Janvier 1676 à Saint-Germain-en-Laye. Cette tragédie en cinq actes est totalement dédiée au "divertissement" du "plus grand des héros", Louis XIV. Cet opéra est aussi appelé l'opéra du roi.
L’analyse du divertissement chez Pascal
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# Posté le mercredi 28 octobre 2009 10:55

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 11:09

L'Asie orientale: une aire de puissance en expansion

L'Asie orientale: une aire de puissance en expansion
L'Asie orientale comprend le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, la Chine littorale, et Singapour.

I] Une région en pleine expansion
- L'Asie Orientale est avant tout une puissance démographique. Avec ses 800 millions d'habitants, et même 1,5 milliards si l'on prend en compte toute la population chinoise, l'Asie Orientale est un des espaces les plus peuplés du monde. Les densités sont élevées sur les littoraux. Les principales agglomérations sont : Tokyo (30 millions d'habitants), Séoul (20 millions), Shanghai (17 millions), Singapour (3 millions), Taipei (3 millions).
- L'Asie orientale est l'espace économiquement le plus dynamique du monde, c'est-à-dire celui qui croît le plus vite. Réalisant 25% du PIB mondial, la région pèse désormais pratiquement autant que l'Union européenne ou les Etats-Unis. C'est la Chine qui possède les taux de croissance les plus rapides avec environ 10% par an.
- L'Asie orientale a fondé sa réussite économique sur l'exportation de produits industriels. La région représente aujourd'hui environ 20% des exportations mondiales. Le Japon est le troisième exportateur mondial, devant la Chine, actuellement au quatrième rang. Le modèle a été sensiblement le même partout : fabriquer d'abord des produits bon marché en profitant des faibles coûts de main d'½uvre, puis, progressivement, améliorer les productions et monter en gamme afin de se positionner sur des produits à forte valeur ajoutée.


II] L'organisation de l'espace de l'Asie Orientale
- Trois pôles différents coexistent en Asie Orientale : le Japon reste le centre de cet espace et le pôle le plus puissant de l'Asie orientale (2ème PIB du monde). Il s'est développé le premier et depuis longtemps (ère Meiji, 1868). Il a servi de modèle aux NPI (Corée du Sud, Singapour, Taïwan) dont l'essor a été très fort dans les années 1970, 1980. La Chine est le dernier pays à s'être ouvert (à partir de 1978 et l'arrivée au pouvoir de Deng Xiao Ping), mais son rattrapage est très rapide depuis les années 1990.
- Les activités de tous les pays de la zone sont très fortement littoralisées. Au Japon, 80% de la puissance économique se concentrent dans la mégalopolis côtière (de Tokyo à Fukuoka), en Corée du Sud, les principaux pôles sont les ports de Pusan et Séoul, à Taïwan c'est le littoral Est qui est le plus développé et en Chine, l'ouverture économique a d'abord et volontairement concerné les seules provinces littorales (les deux tiers du PIB du pays sont réalisés par les provinces littorales). C'est la preuve d'économies très extraverties et tournées vers les exportations et le monde.
- Autre signe du dynamisme de la région, les flux entre les pays de l'Asie orientale augmentent considérablement. Une certaine division du travail s'est instaurée entre le savoir-faire et les capitaux japonais (ou coréens et Taïwanais) d'une part et la main-d'½uvre à bas coût de la Chine d'autre part.
Cette intégration est beaucoup plus timide au niveau politique. Peu d'organisations existent (ASEAN, APEC) et leurs buts restent limités (création de zones de libre-échange).


III] Les quatre limites à cette puissance
- Les tensions politiques tout d'abord car l'Asie orientale est une véritable poudrière ; Les contentieux et conflits potentiels entre les Etats de la région sont nombreux. Le plus sérieux est celui qui oppose la Chine et Taiwan. Autre inquiétude : les menaces nucléaires en provenance de Corée du Nord.
- La croissance économique est actuellement très forte en Chine, mais est-elle durable ? La croissance du Japon est médiocre depuis quinze ans et la Chine est en phase de rattrapage. La corruption est forte, les fragilités nombreuses (du système bancaire notamment). La région est loin d'être à l'abri des crises (la dernière date de 1997).
Les problèmes sociaux restent importants, certains inquiétants à terme :
- Vieillissement rapide de la population japonaise.
- En Chine, le développement s'est effectué uniquement sur les provinces littorales et profite encore peu à la population qui ne bénéficie pas encore d'une protection sociale digne de ce nom.
- En Chine, le parti communiste pourra-t-il encore longtemps restreindre les libertés individuelles ?
Les contraintes géographiques et environnementales :
- Les catastrophes naturelles (tremblements de terre, typhons, tsunamis...) sont régulières et meurtrières en Asie orientale.
- Surtout, l'environnement a beaucoup souffert du développement économique, une situation qui n'est pas tenable indéfiniment et qui aura un coût (financier et humain).
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# Posté le mercredi 28 octobre 2009 13:12

La quasi-absence du féminin dans Fin de partie

La femme occupe une faible place dans l'½uvre de Beckett : absente dans En attendant Godot, femme tronc dans Oh ! les beaux jours, mutilée dans Fin de partie. Pour autant, sa quasi-absence fait signe dans Fin de partie et nous interroge. Aussi, que signifie cette quasi-absence du féminin dans Fin de partie ?

I] L'évanouissement de la femme
La frontière entre le masculin et le féminin est peu marquée et se réduit à un artifice de coquetterie. Nagg et Nell, qui ont le même teint très blanc, se différencient uniquement par leur bonnet – de nuit pour l'un, de dentelle pour l'autre.
Seul personnage féminin, Nell meurt mystérieusement dans sa poubelle. Mort naturelle ou mort provoquée ? Il y a une certaine ambiguïté : en effet, à Clov qui déclare qu'elle n'a plus de pouls, Hamm répond en se félicitant de l'efficacité d'une certaine poudre, la même poudre qui, quelque temps plus tard, éliminera la puce coincée dans le pantalon de Clov.


II] Une filiation qui élimine la mère
Avec la disparition des femmes, on assiste à la disparition des mères. Il n'y a pas de mère dans Fin de partie. Elles ont laissé leur place aux pères. Hamm ne s'adresse jamais à Nell, sa mère, mais toujours à son père, et ce, depuis son enfance où il ne réclamait que l'attention de son père. C'est à Nagg que Hamm reproche de l'avoir fait, comme s'il était le seul responsable. Le personnage du récit de Hamm est un père, responsable de son enfant, pour lequel il vient mendier un peu de pain. Là aussi, la mère a disparu.
On est donc dans un monde où la filiation se passe du corps de la mère qui, quand il existe, est réduit à être tué métaphoriquement par une poudre insecticide ou à mourir comme la Mère Pegg.


III] Eradiquer la reproduction
Comment interpréter cette disparition ? Plus généralement, il faut la rattacher au rejet de la parenté. La progéniture renie son géniteur et, au-delà, l'idée même de génération. Tout ce qui parait susceptible d'engendrer doit être exterminé, comme ce mystérieux inconnu qui approche de la maison à la fin de la pièce, et est qualifié de « procréateur en puissance ». De fait, il scrute son nombril, le fil coupé de la génération.
La sexualité est l'objet de suspicion et de dérision. Les géniteurs Nagg et Nell définis par le souvenir de cette activité (« la bagatelle ») sont condamnés à rester loin l'un de l'autre. Clov verse la poudre dans son pantalon pour éliminer la puce qui lui gratte le pubis, tentative d'éliminer toute hypothèse de résurgence humaine. Il faut éliminer coûte que coûte ce morpion car « à partir de là l'humanité pourrait se reconstituer ».
Tout cela se résume dans le nom de la Mère Pegg, où peut se lire un mélange entre le p de père qui remplace le m de père, et les noms de Nagg et Nell. Ce nom suggère une fonction maternelle avalée par le père sur lequel le g crache, comme l'écrit Beckett dans Molloy : « La lettre g aboli[t] la syllabe [pe], et pour ainsi dire crach[e] dessus ».




Ci-dessous: tableau d'Alphonse Lecadre qui se trouve au Musée des beaux arts de Nantes et qui représente l'enfant dormant sur sa maman, entendant battre son c½ur, le temps d'une sieste.
La quasi-absence du féminin dans Fin de partie
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# Posté le mercredi 28 octobre 2009 12:57

La Russie: un Etat et un espace en recomposition

La Russie: un Etat et un espace en recomposition
I] De l'URSS à la Russie : un Etat en recomposition
- Lorsque Gorbatchev arrive au pouvoir en 1985, le système soviétique est à bout de souffle, l'économie est de plus en plus improductive. Les réformes qu'il impose (Pérestroïka et Glasnost) aboutissent non pas au redressement espéré de l'Union soviétique, mais à sa disparition le 25 Décembre 1991. La Russie adopte alors la démocratie et le capitalisme. Mais cette jeune démocratie est encore fragile (autoritarisme du président Vladimir Poutine).
- Le passage d'une économie d'Etat à une économie privée s'est fait sans ménagement sous Boris Eltsine (1991-2000) et a profité à une minorité de Russes qui se sont énormément enrichis en rachetant peu cher d'anciennes entreprises d'Etat (ce sont les oligarques). Le choc fut très brutal et la désorganisation a été telle que, dans un premier temps, le PIB russe s'est littéralement effondré. Depuis les années 2000, et aidée par la forte hausse des prix des hydrocarbures, la Russie connait une forte croissance et son économie se redresse.
- Si l'économie repart de l'avant, la société russe, en revanche, vit toujours une crise extrêmement grave : taux de mortalité supérieur au taux de natalité (d'où une baisse de la population), alcoolisme, sida et suicide à des niveaux très élevés... A ce rythme là, la Russie devrait passer de 144 millions d'habitants en 2005 à 100 millions en 2050. La situation est donc grave.


II] Une puissance affaiblie
- La Russie est un Etat fédéral composé de quatre-vingt-huit régions aux statuts différents et disposant de plus ou moins d'autonomie. A la faveur du choc de 1991, de nombreuses régions périphériques ou éloignées ont profité de la faiblesse de l'Etat pour s'affranchir au moins en partie du pouvoir de Moscou. La Tchétchénie est même allée jusqu'à réclamer son indépendance, un mouvement réprimé durement par Moscou. La présence de nombreuses minorités non-russes au sein de la population a clairement favorisé ces mouvements centrifuges. Avec Poutine, Moscou reprend peu à peu les choses en main.
- Militairement, la puissance russe est également affaiblie. Le matériel n'est pas toujours bien entretenu (manque de moyens) et donc pas toujours opérationnel. La Russie reste toutefois une grande puissance nucléaire, ce qui lui confère un poids important dans les relations internationales. Elle a également hérité de l'URSS une place au Conseil de sécurité de l'ONU et elle fait partie du G8. Elle reste donc un acteur incontournable de notre monde. Elle conserve enfin un potentiel scientifique important, un atout pour l'avenir, sans parler des considérables ressources naturelles de son territoire.


III] L'espace Russe : un territoire difficile à maitrises et très déséquilibré
La Russie possède un territoire difficile à mettre en valeur. Trois contraintes majeures existent :
-La superficie : c'est le territoire le plus vaste du monde, 17 millions de km², 10000 km d'est en ouest et 3000 km du nord au sud.
- Le climat : il est très continental, l'amplitude thermique est très forte et surtout les hivers sont très rigoureux (six mois d'hiver en Sibérie, températures fortement négatives).
- L'enclavement : cet immense territoire est mal relié au monde. Le pays ne donne que sur des steppes, des chaines de montagne ou un océan glacial. Les rares ports du pays sont très périphériques (St Petersbourg, Vladivostok, Rostov). Les trois grands fleuves sibériens (Ob, Léna, Ienisseï) coulent vers l'océan Glacial Arctique et sont peu utiles.

Il existe néanmoins quelques atouts à ne pas négliger:
- Les riches terres noires de l'ouest (plusieurs millions d'hectares de bonnes terres riches en humus).
- Des forêts immenses, même si la qualité des bois est très inégale.
- Des minerais en abondance : fer, nickel, cuivre, or, diamant, bauxite... Même remarque pour le charbon dont les réserves sont considérables (environ 20% des réserves mondiales).
- Et surtout les hydrocarbures: pétrole (La Russie est le 2ème producteur mondial) et plus encore le gaz (la Russie possède 1/3 des réserves mondiales).

La maîtrise de cet immense territoire reste difficile et imparfaite. Les transports ne sont toujours pas à la hauteur des défis. Routes, voies de chemin de fer, lignes aériennes ou oléoducs sont en nombre et en qualité insuffisants. Les réseaux de transports ne sont denses qu'à l'ouest et surtout autour de Moscou. Le transsibérien et le BAM sont les seuls axes ferroviaires reliant l'est et l'ouest du pays.

L'organisation du territoire reste dont très déséquilibrée. Avec 144 millions d'habitants, la Russie est peu peuplée (densité moyenne de 8 hab. /km²). La population est très inégalement répartie sur le territoire, les trois quarts des Russes vivant à l'ouest de l'Oural ou au sud, le long du transsibérien. Tous les pôles de commandement de la Russie se situent à l'ouest (Moscou, 12 millions d'habitants).
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# Posté le mercredi 28 octobre 2009 12:10

La religion

La religion
I] Définitions
- Religion. Avant propos : La religion est souvent conçue, dans des doctrines philosophiques du XIXe et du XXe siècles, comme scission de l'Homme d'avec lui-même (Feuerbach), réalisation fantastique de l'être humain (Marx), ou même comme expression « névrotique » (Freud). La religion, soleil illusoire ? C'est la question que posent certaines analyses modernes.
Son Etymologie : incertitude entre 1/ religio (latin) qui signifie pratique religieuse, culte, religion 2/ religere (lat.), recueillir de nouveau, rassembler ou 3/ religare (lat.), lier, attacher.
Sens subjectif : sentiment intérieur du Sacré, avec croyance en la divinité et foi.
Sens objectif : institution dont l'objet est de rendre à Dieu honneur et hommage. Ensemble de pratiques et de rites relatifs à une réalité sacrée, séparée du profane.
- Croyance. Etymologie : latin credere, croire, ajouter foi.
Sens religieux et fort : assentiment de l'esprit à une vérité (d'un ordre transcendant, Dieu...) sans justification rationnelle ; certitude non rationnelle ; synonyme de foi (ex : la croyance en Dieu).
- Foi. Etymologie : latin fides, la foi.
Sens métaphysique (Pascalien) : certitude due à la Grâce, par opposition à la raison.
Sens religieux : adhésion spirituelle à des vérités révélées et à des dogmes. Croyance en l'existence de Dieu.
- Agnosticisme. Etymologie : grec agnôstos, inconnu, inconnaissable.
Doctrine selon laquelle le fond des choses serait inconnaissable : on ne saurait dépasser les données sensibles.
- Athéisme. Etymologie : grec a, privatif, et theos, Dieu = atheos, qui ne croit pas en Dieu.
Doctrine niant l'existence de Dieu.


II] Pensées de philosophes
- Bergson. Dans son ouvrage, Les deux sources de la morale et de la religion, Bergson s'attache à comprendre les sources et origines de la morale et de la religion. Le chapitre II étudie la religion statique, donc la fonction est de maintenir la vie sociale. Le chapitre III est consacré à la religion dynamique et ay mysticisme chrétien, dont la source est l'élan vital.
*La religion statique
A l'ensemble organisé d'obligations sociales (morale close) correspond la religion statique, essentiellement réaction défensive contre l'idée de la mort. Elle permet en effet d'assurer la conservation du groupe et de se prémunir contre l'angoisse de la mort. Son but est de rendre possible la cohésion sociale, et ce contre les risques engendrés par l'égoïsme individuel ou la certitude de l'inévitabilité du trépas. En somme, il faut protéger la société contre l'angoisse, l'insécurité, la peur, la désagrégation entrainée par l'intelligence réfléchissant. A travers une longue enquête, Bergson souligne les différentes fonctions de la religion statique : « La religion est donc une réaction défensive de la nature contre le pouvoir dissolvant de l'intelligence. [...] [Elle est aussi une] une réaction défensive contre la représentation, par l'intelligence, de l'inévitabilité de la mort ».
*La religion dynamique
Par opposition à cette organisation statique et close, la religion dynamique s'appuie sur l'élan de la mystique créatrice et sur l'amour. Le mysticisme chrétien achève le mouvement de transcendance de la Grèce et de l'Orient. Une poussée irrésistible jette l'âme dans les plus vastes entreprises, unifiant contemplation et action. Dieu est amour, il est objet d'amour et appelle alors à l'action.
L'âme du grand mystique est d'abord plongée dans l'extase : « Ebranlée dans ses profondeurs par le courant qui l'entrainera, l'âme cesse de tourner sur elle-même, échappant un instant à la loi qui veut que l'espèce de l'individu se conditionnent l'un et l'autre, circulairement. Elle s'arrête, comme si elle écoutait une voix qui l'appelle. [...] Vient alors une immensité de joie, extase où elle s'absorbe ou ravissement qu'elle subit. Dieu est là et elle est en lui. ». Cette âme mystique connait ensuite l'agitation dans le repos. Elle surabonde de vie. Le mysticisme veut, en effet, transformer l'humanité et lui transmettre son élan créateur, sa durée inventive liée à l'amour.
- Freud. La théorie freudienne élabore des hypothèses concernant la sphère religieuse : la religion est une illusion à travers laquelle l'Homme angoissé se cramponne à un père protecteur : le Dieu personnel n'est rien d'autre qu'un père transfiguré. « La psychanalyse nous a appris à reconnaitre le lien intime unissant le complexe paternel à la croyance en Dieu » (Un souvenir d'enfance de Leonard de Vinci, p.124). Dieu incarne donc le père tout puissant de notre enfance vouée à la détresse. Car le nourrisson, puis l'enfant, se trouvent dans un état de tension et de détresse initiale : les puissances paternelle et maternelle originelles les protègent, l'idée de Dieu prenant ensuite le relais par rapport à ces prototypes sociaux.
Même l'art, satisfaction imaginaire de nos désirs inconscients, et la civilisation, fruit d'un conflit entre Eros et la pulsion de mort, se trouvent élucidés par Freud.
- Marx : La religion est selon lui une création sociale, où Dieu représente une réalisation fantastique de l'esprit humain.
- Auguste Comte : Il édifie une religion de l'humanité. Elle est constituée de l'ensemble des êtres humains, passés, présents et à venir, totalité où nous baignons car l'humanité est faite de plus de morts que de vivants. Cette humanité, objet suprême de notre amour, forme un «Grand Être », composé de la multitude des générations humaines. La religion d'Auguste Comte est donc immanente et non point transcendante : le sacré n'est pas situé dans quelque au-delà.


III] Citations clés de philosophes
- Bergson : « La religion est une réaction défensive de la nature contre la représentation, par l'intelligence, de l'inévitabilité de la mort » Les deux sources de la morale et de la religion
- Freud : « La religion serait la névrose obsessionnelle universelle de l'humanité ; comme celle de l'enfant, elle dérive du complexe d'¼dipe, des rapports de l'enfant au père. » L'avenir d'une illusion
- Comte : « Dans ce traité, la religion sera toujours caractérisée par l'état de pleine harmonie propre à l'existence humaine, tant collective qu'individuelle, quand toutes ses parties quelconques sont dignement coordonnées » Système de politique positive
- Marx : « La religion est le soupir de la créature opprimée (le travailleur), l'âme d'un monde sans c½ur, comme elle est l'esprit de conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple ».

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# Posté le mardi 08 septembre 2009 13:25